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Vendredi 26 janvier 2007
  Fabien avait précisé qu’on pouvait toujours s’amuser en se mattant, comme on dit, une "bonne grosse merde entre amis". Et bah c’est pas vrai, et je te deteste pour avoir fait croire ça. Ce film là, je l’avais acheté en solde pour "m’amuser", et rien qu’avec la pochette, je me suis dit "contrat rempli". Sauf qu’il y a de ces films tellements pourris de chez pourris qu’ils mettent mal à l’aise, physiquement. C’est tellement physique qu’on est obligé d’arréter, car c’est pas du tout amusant.


  Le speech : les 3 « ghoulies » sortent d'une cuvette de chiotte pour terrifier un campus américain, et tuer les ados un à un. Sauf que les Ghoulies ce sont des marrionettes mal faites, et comment diantre peut on avoir peur de marionettes mal faites? Les Ghoulies, c'est la volonté de copier les Gremlins avec un petit budget, et en jouant la carte du "délirant" pour combler. Justement, l’humour est tellement pitoyable que ça en devient génant, par exemple «les goulies tuent un ado en le faisant passer dans les toilettes en tirant la chasse d’eau» LOL. Cette phrase d'une critique d'un autre site résume très bien l'esprit:

"
D'une manière générale, les suites de films ont tendance à s'appauvrir au fil des numéros. GHOULIES III n'a rien d'un film exceptionnel mais c'est aussi le meilleur épisode de la série.Tout du moins, le plus délirant, ce qui est déjà un gage de qualité dans le sens où la série adopte le ton de la comédie et n'a pas grand chose à voir avec un film d'horreur conventionnel. Les trois créatures sont ainsi attirées par la bière et les belles nanas !"

 "Les nanas". "La bière". "Délirant"...

  En plus, sur le campus, c’est la grande fête annuelle pour désigner le «Roi de la farce». Est- ce que j’ai vraiment besoin d’en dire plus ?

Le «Roi de la farce»
Par Sam - Publié dans : allthatwewant
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Vendredi 26 janvier 2007
  
   J’ai un don pour tomber sur les gens les plus chelous de la planète. Et la vidéo de ce monsieur pianiste un peu autiste (cf ci dessous) m’a rappelé cette journée de mardi.


   Ce mardi là, j’avais rendez-vous avec les plus hautes instances de l’état : le contrôle de la recherche d’emploi. J’ai un peu les miquettes, je me dis que c’est un truc un peu sérieux quand même, qu’il y a des sanctions si on ne fait pas assez «d’actes répétés positifs», il faut ammener toutes les preuves de sa recherche d'emploi. Et puis une lettre avec un «MINISTERE» en gras dessus, ça met un peu la pression.
  Et bien, non seulement cette personne était le frère jumeau français de Phil Collins, mais en plus, après avoir regardé mon dossier 2 minutes 36, il m’a parlé comme un spécialiste pendant au moins 40 minutes de musique classique française hyper hyper pointu, balançant des tas de noms français inconnus et tous plus ridicule les uns que les autres (du genre Annie Chiriadot, Germain Plouturier, Phillipe Tirialu..), parlant de structure polytonales, et vas-y qu’il me parle de sa haine de Pierre Boulez et de l’école sérialiste qui est la mort des compositeurs contemporains talentueux, et puis de Sibelius dont on sent «les vallées et les grandes étendues de natures», et puis il enchaîne sur la pédophilie et les vieux attirés par les jeunes, de son ami peintre qui peint des jeunes femmes nue (2/3 par jour), de la schizophrénie engendrée par les attouchements sexuels, tout ça entrecoupé de citations des enseignements de Krishna qu’il me conseille d’acheter en poche etc etc..
  C’était comme si  l’esprit de Benoit Poelvoorde était dans le corps de Phil Collins et parlé de la musique classique de la même façon qu’un jeune péteux parle de dizaines de groupes de rocks tirés à 3 exemplaires finissant par un «Ah bon, vous ne connaissez pas tout ça ? Produit par Steve Mariott pourtant.».

 Pendant ce temps là ( un vrai monologue d'autiste passionné façon le pianiste de la vidéo en dessous, sisi), d’autres attendent dans le couloir, stressant pour rien. Enfin, pour rien. Oui et non, car ne pas rire c’était un véritable exploit. 


Par Sam - Publié dans : allthatwewant
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Jeudi 25 janvier 2007

Vous vous demandez peut-être qui nous sommes. Nous sommes si mystérieux et si obscurs et frustrés et bizarres et Brahms et TOUT en fait. Il est temps de se mettre au jour. Bas les masques !

Un de nous est cette personne : 

Par Fabien - Publié dans : allthatwewant
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Mardi 23 janvier 2007
  Si vous voulez briller lors d'un repas, il faut savoir parler de tous les sujets. Certes, mais il faut aussi avoir l’air un minimum crédible. Et il n'y a pas de meilleur sujet que les OGMs (Organisme génétiquement modifié) pour voir que tout le monde a un avis (souvent négatif) sans rien connaître du tout du tout ("Est-ce qu'il y a de l'ADN dans toutes les plantes? "Bah non, pff, pas dans les normales trouducu"). Donc, petit point sur le B.A.BA de la transgénèse. Le sujet est complexe, et je ne donne absolument pas mon avis sur le débat, je donne juste des nouvelles clés qui vous permettront de vous faire un avis plus précis, et peut-être de vous inciter à approfondir votre connaissance sur le sujet.
Et surtout, de vous la péter à table.


L'ADN, ça sert à quoi, faux scientifique?
« Bon, pas besoin de répéter que l'ADN (Acide désoxyribonucléique) est une macromolécule très longue (dépliée, elle atteint 2 mètre pour chaque cellule) constitué de 4 bases (A, T, C et G) dont l'agencement constitue le code génétique. Il est bon de préciser que tous les êtres vivants possèdent de l'ADN. L'ADN "décodable" est transcrit en ARNm qui  sera traduit en protéine. Ces protéines assurent beaucoup beaucoup de fonctions:
-Structure (l’architecture des cellules)
-Catalyse (dans la digestion par exemple)
-Communication (les hormones)
-Signalisation
-Reconnaissance (dans le système immunitaire par exemple)
-Transport (entre et à l’intérieur des cellules) »

Voilà, déjà avec ça, l’autre gros cake en face sait qu’il va pas partir dans un débat technique, il enchaine sur José Bové.


Le concept de gène et ses limites dans la transgénèse
Toi tu t’en fous, tu continue ton discours technique, José Bové, après.

« Le « gène » est un concept assez vague. Il est censé désigner une portion d’ADN qui donne une seule protéine, pour une seule fonction, donc un seul caractère. C’est le cas d’école, la chose la plus simple, et c’est ce qu’on appelle un caractère monogénique.
Mais la grosse limite de ce concept, c’est que les caractères monogéniques ne sont pas fréquents, et surtout pas pour des caractères complexes qui intéressent les agriculteurs. La plupart du temps, il existe plusieurs gènes qui codent pour plusieurs protéines qui interviennent à différents niveaux dans le résultat visible.
Et c’est là la grosse limite des OGMs et je veux faire remarquer que les gens exagèrent l'importance des OGMs. On ne va pas arriver à faire des choses extraordinaires avec les plantes génétiquement modifié (en tout cas pas encore), car la technique est complexe, et implanter plusieurs gènes dans une même plante est un travail long, difficile et couteux (et je ne vous parle même pas de la transgénèse animale).
Donc oui, le débat est légitime lorsque l’on parle du Maïs Bt par exemple, la PGM la plus répandue (Plante génétiquement modifiée). Mais si l’on sait de quoi on parle. Dans le cas du Maîs Bt, on a intégré dans le génome de ce mais le gène d’intérêt Bt provenant d’une bactérie et permettant de résister à la pyrale. par contre,  le débat est tout pourri si on commence à parler de "cochons avec des bras". »

  Alors là, on peut lancer le débat la dessus, chacun a son avis, tout en sachant qu’avant on utilisait aussi la Bt en pulvérisant la bactérie elle-même, que le problême là c’est qu’on met un génome de bactérie chez une plante, mais on peut rétorquer que l’ADN humain est lui même constitué de génome pas humain puisqu’on a intégré dans notre génome au fil des siècles des rétrovirus qui interviennent dans des choses positives mais aussi négatives comme les cancers, etc etc.
  Moi j’ai pas la place de tout détailler dans un article là, mon but c’est juste de te permettre de te la péter un peu plus. Alors tu continue ton discours technique, et tu lui demande si au moins il sait comment on obtient les plantes génétiquements modifiées? Il répond non, alors t’enchaines, et tu captives l’audience, tout le monde te regarde avec des yeux de braise, t’es le roi de la soirée.

La transgénèse en bref.
« Mais au fond les gens, comment on obtient une PGM ?
Après avoir identifié le gène qui nous intéresse (ce qui est plus facile à dire qu’à faire), pour que le transfert soit efficace, il faut arriver à intégrer le gène dans toutes les cellules de l’organisme. Comme le faire en même temps dans des millions de cellules est impossible, il faut revenir à la base. C’est pourquoi l’intégration doit se faire dés la première cellule. Chez les plantes, le processus est simplifié grâce à ce qu’on appelle « la totipotence » des cellules végétales. Les cellules végétales, prélevées sur un organe quelconque d'une plante, possèdent la capacité de régénérer un individu complet identique à la plante mère. Elle repose sur l'aptitude à la dédifférenciation : les cellules peuvent redevenir des cellules simples, non spécialisées et se différencier ensuite pour donner à nouveau les différents types de cellules spécialisées.
On utilise donc cette propriété pour obtenir des plantes modifiées. On va d’abord insérer le gène dans le génome, en le collant à un autre gène repérable (par exemple une résistance à un antibiotique) pour différencier les cellules qui ont intégrées le gène dans une zone d’ADN où elle s’exprimera, de celles qui ont échouées. Ensuite, à partir de cette cellule et d’hormone, on obtiendra une plante complète. Le hic, car il y a toujours un hic, c’est qu’il existe des plantes avec lesquelles on arrive pas à régénérer une plante complète en laboratoire. »

  Et c’est là où tu peux enchainer avec José Bové, en te moquant de sa grosse moustache et de sa pipe (si tu peux, mime le, debout sur ta chaise). Tout le monde rit, t’es le roi de la soirée.
Bravo.

Par Sam - Publié dans : allthatwewant
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Lundi 22 janvier 2007
  Alors, pour ceux qui n’auraient pas de petits frères ou qui s’en foutraient royalement de la musique et des tendances, ça y est, on est dans un nouveau grand retour du rock du côté des porteurs de cartables. Enfin, quand je dis « un grand retour », je suis sympa, attendons que les albums se vendent, et l’on verra après si c’est comparable à la période grunge (mon grand retour du rock à moi de quand moi j’étais un porteur de cartable). Et dans cette avalanche de nouveaux groupes de rock n roll qui, comme le dit mon compère choqué par la seule vue d’un gland, ont "découvert le rock avec les Libertines", c’est Naast qui sort le premier sa carte à jouer et son premier album, porté par une sacré promo à la limite du reloutisme dans "Rock n folk". Alors ouais, "Mauvais garçon" c’est sympa sympa, "Cœur de glace" aussi, mais l’album façon "The Ramones" (pour la suite de 10 morceaux hyper courts façon ctrt-C/ctrl-V) rencontrent "The Forbans" (pour la banane et les années 50/60), bah c’est pas non plus Nervermind les cocos. Mais le plus rigolo (Smilie avec un perfecto pourri), c’est leurs interviews, et je ne parle pas seulement de leurs interventions télévisuelles (Cf Taddéï). 
  Mais ouais, je sais, j’ai 10 ans de plus, je suis un gros ringu’, et ça fait partie de l’attitude rebel des « ados » et des punks de cracher et de renier les générations précédentes. D’ailleurs, c’est leur slogan "Si vous n’aimez pas les Naasts, vous êtes vieux". Donc amis de 26 ans et plus et un peu moins qui s'en foutent du jeunisme cool, rigolez avec moi de ces quelques avis pointus sur quelques groupes musicaux (Source : Hors Série Technikart).


«Partir dans des trucs expérimentaux ou futuristes, ça m’intéresse pas du tout. Radiohead c’est de la merde»

«New Order, Depêche Mode, je trouve ça horrible.» «Je tolère mais j’écoute surement pas, c’est trop kitsh.»

La French Touch (Daft Punk et compagnies) :
«Ca sent le renfermé, c’était pas des trucs aboutis. Les gens qui ont aimé ça, ils n’étaient plus adolescents, ils avaient déjà découvert pleins de trucs avant, qui les avaient pris à la gorge. Là, ils avaient eu une approche intellectuelle et pas sentimentale de la musique.»


A suivre : Tekilatex, Oasis…
Par Sam - Publié dans : allthatwewant
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Samedi 20 janvier 2007


“Hey tu te rappelles de CAS DE DIVORCE ?” doit être la phrase que j’ai le plus prononcé/tapé cette semaine.

Parce que oui on est en 2007, oui Saddam Hussein est mort, oui la bravitude et Nicolas Sarkozy mais la vraie actualité c’est la rediffusion de CAS DE DICORCE sur NT1 la nuit.
Pour ceux qui n’étaient pas nés ou n’avaient pas l’électricité au début des années 90, Cas de divorce est une sitcom française produite par AB Productions et diffusée au début des années 90.
LE PITCH : “Au tribunal des divorces, chacun défend ses intérêts du mieux qu'il peut devant un juge qui, après avoir attentivement écouté les arguments des principaux concernés, aura la lourde tâche de prendre la décision la plus juste et d'annoncer son verdict...”

En 1992 ma mère m’interdisait de regarder cette série (tout comme elle m’interdisait de regarder Mystères et La Nuit des Héros, c’était sa période "despote éclairé"). Quinze ans plus tard je suis enfin libre de regarder et d’affirmer que Cas de divorce est une des meilleures choses au monde.

POURQUOI ?

Le journaliste
Au début de l’audience et entre les interrogations des témoins intervient un journaliste tranquillement installé sur les bancs réservés au public. Il est là pour nous résumer la situation et présenter les personnages. L’intérêt de sa participation réside principalement dans sa forme. Affublé d’un brushing à faire pâlir Amanda Lear, il chuchote dans un micro longiligne (ouais ça se dit pas pour un micro) pour ne pas trop se faire remarquer et ne pas déranger l’audience. Ses interventions n’ont absolument aucun intérêt si ce n’est son brushing et son intonation entre la timidité et le désespoir.
 
Le jeu d’acteur
A l’image du journaliste qui feint la discrétion en en faisant des tonnes, le reste des acteurs surjoue. Si le juge s’emploie à interpréter la figure paternaliste et sévère du magistrat et cela même quand il s’appelle René Maillot (mon préféré), les avocats tentent, eux, tant bien que mal (mais surtout mal) de faire preuve d’éloquence tout en lançant des « OBJECTION ! » à chaque témoignage .




---Interrompons ce développement pour rappeler que les avocats n’ont absolument pas le droit d’objecter dans le droit français. Mais c’est pas comme si les réalisateurs s’étaient un minimum renseignés sur les procédures de divorce.---



Les « parties » et les témoins sont des caricatures. Le mari jaloux, la femme volage ou vénale, la maîtresse qui ment mal, la belle-mère horrible qui ment mal, le meilleur ami transsexuel qui ment mal… tous sont interprétés avec (beaucoup trop de) bonne volonté. Cela dit, contrairement aux films de Rohmer, le mauvais jeu des « comédiens » rend les personnages attachants. Les avocats ne nous sont d’ailleurs pas inconnus puisqu’on y retrouve entre autres le père de Lola dans le miel et les abeilles, le directeur du lycée dans La Philo selon philippe et Madame Pichardeau des Filles d’à côté. Selon certaines rumeurs Elie sémoun aurait même tourné un épisode.

Le look des personnages
Les stylistes et coiffeurs d’AB ont fait un boulot d’un enjeu historique pour Cas de divorce. Coiffures complètement improbables, vêtements fluos, épaulettes démesurées sont des personnages à part entière. Personnellement les coiffures des parties me semblent être à eux seuls un motif de divorce.

Les scenarii
On touche là au génie de Cas de divorce. Voici un best-of de certains des « cas ». Ils parlent d’eux mêmes :
  • - Bachelet contre Bachelet
 : Carole Bachelet, adepte de la guérison par la foi, accuse son mari, membre d'un groupe de hard-rock, d'avoir fait entrer la dépravation dans leur vie et celle de leurs fils...
  • - Brunet contre Brunet : Madame Brunet, coiffeuse aux pompes funèbres, accuse son mari d'avoir un gros appétit sexuel et d'avoir gâché leur vie de couple.
  • - Cremer contre Cremer : 
Guy Cremer, clown et ventriloque qui se produit dans les maisons de retraite, accuse son épouse Line, infirmière, d'être toxicomane.
  • - Chauvin contre Chauvin
 : Corinne Chauvin est dotée d’un pouvoir surnaturel depuis sa plus tendre enfance. Elle a 30 ans et exerce le métier de voyante. Elle prétend que son mari a une liaison avec une inconnue car elle l’a vue physiquement dans la maison et la sent psychiquement.
  • - Lindet contre Lindet
 : Monsieur Lindet reproche à sa femme de déserter le domicile conjugal et d'avoir une nette préférence pour Sultan, leur chien. Madame Lindet accuse son mari d'avoir tenté d'empoisonner l'animal...
  • - Lagrange contre Lagrange : 
Mélanie Lagrange, obsédée par son magasin de glaces, fait grossir sa fille à force de lui faire goûter tous les parfums. Pendant ce temps son mari ne pense qu'à engager des étudiants pour commercialiser des "barres érotiques"...



EN CONCLUSION : peu importe la décision consensuelle du juge, Cas de divorce est un véritable témoignage sur la société. Au-delà de l’incompréhension homme/femme, des tromperies, de l’hypocrisie et de la haine des époux entre eux on reconnaît bien là la triade unitaire qui guide le monde et dont ma mère voulait me protéger : l’argent, le sexe et les habits fluos.



Ci-dessous un épisode entier (celui avec le mari membre d'un groupe de hard-rock) en 5 parties :
1
2
3
4
5
Par diane - Publié dans : allthatwewant
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Samedi 20 janvier 2007

Hier en revenant de Paris, lors de ma demi-heure traditionnelle de marche pour aller de la gare jusqu'à chez moi dans ma petite bourgade des Yvelines, je me suis trouvé confronté à quelque chose de plutôt surprenant.

Il devait être 1h25 du matin, je marche dans une rue du quartier pavillonnaire de ma ville et j'aperçois une voiture qui roule très lentement dans le sens inverse. Bon, je détourne le regard. Mais lorsqu'elle s'approche de moi et me croise je me rend compte qu'il y a deux personnes (deux mecs) à l'interieur, COMPLETEMENT NUES. L'un conduit, et l'autre SE MASTURBE ALLEGREMENT. J'ai même pu apercevoir son gland tellement j'étais proche.

J'étais plutôt choqué (ça n'arrive pas tous les jours) mais je me suis marré et les ai suivi du regard. Ils roulaient toujours à la même vitesse et ont tourné dans la rue suivante, de telle sorte que selon moi ils se sont dit "tiens si on se baladait dans les rues en bagnole toute la nuit à poil, moi je conduirait, et toi tu te branlerais". Comment ridicule est ça?

Cela illustre parfaitement l'état de désoeuvrement dans lequel sont plongés les habitants des villes petites bourgeoises de banlieue. Le ridicule ne tue pas, et l'ennui non plus.

Par Fabien - Publié dans : allthatwewant
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Mercredi 17 janvier 2007
   Bienvenue. Pour ce premier sujet de 2007, j’ai envie de parler des gens atypiques (les freaks) de la ligue nationale de basket ball américaine (la NBA).

 TYRONE « MUGSY » BOGUES (1987-2001)

   Le plus petit basketteur ayant joué en NBA, 1 mètre 59 pour 62 kg, alors que c’est un sport de grand (cliché 1) et qu’il évolue dans la meilleure ligue du monde. Sa meilleure saison (1993/1994), il l’a même finie en double/double, c’est-à-dire avec une moyenne de 2 chiffres dans 2 catégories de statistiques : 10,8 points et 10, 1 passes décisives par match (+ 4,1 rebonds, ce qui est excellent pour un joueur de cette taille, et 1,7 interceptions par match, ce qui est bien, et assez top). Au début de sa carrière, au sein des Washington Bullets, il a même joué avec le freaks suivant :

 MANUTE BOL (1985-1995)

   Lui, c’est complètement l‘inverse de son ex-coéquipier. Culminant à 2 mètres 30, tout maigre, et avec un mini-short à l’ancienne, il est une autre curiosité des parquets. Il n’est pas le seul dans la catégorie des giant-NBA-freaks, puisque la NBA verra ensuite en ses rangs la présence du Roumain Georges Muresan (2mètres 30 aussi, découvert par Pau Orthez) et de l’Américain Shawn Bradley (2 mètres 27). Mais être le plus grand ne signifie pas être le meilleur (cliché 2). Aucun de ces joueurs n’est un joueur d’exception, surtout en attaque, leur rôle est principalement défensif. Le but : rester au maximum des 3 secondes réglementaires dans la raquette pour contrer le maximum de ballons. Mais concernant Manute Bol, c’est presque un conte de fée. Grâce à sa taille qui est un inconvénient dans ce pays pauvre qu’est le Soudan (bah oui, l’air chaud est plus léger que l’air froid, les peaux de moutons pour faire des gilets sont trop petites, ça coûte plus cher en écran total etc..), et même si Manute est le fils du chef de la tribu des Dinkas, il accède à une meilleure vie dont sa taille est la principale responsable (« il a jamais touché un ballon orange de sa vie, mais il a des grands bras tout maigre, on va en faire quelques chose !»).
Mais Manute bol, c’est quand même un gros loser, la preuve :

« Sa carrière déclinante, il décide alors de rentrer au pays. Mauvaise idée, car… pendant ce temps là, au Soudan, c’est la guerre civile : le gouvernement islamique multiplie les atrocités contre le Sud Soudan, majoritairement chrétien : près de 2 millions de personnes laisseront leur vie dans un conflit dont on n’a jamais parlé. Et Manute a dépensé sans compter pour soutenir les rebelles chrétiens : 3,5 millions de dollars environ !!! Quand il se décide à rentrer, persuadé de participer à des négociations pour un accord de paix, il est dupé par le gouvernement qui lui avait promis le poste de ministre des sports. En fait, on exige de lui qu’il se convertisse à l’islman. Devant son refus, on lui confisque ses papiers. Il est ruiné, sans papiers, et souffre d’une forme d’arthrite particulièrement douloureuse. Il cherche alors à revenir aux USA en passant par l’Egypte.

Malheureusement pour lui, le 11 septembre est passé par là et les autorités américaines sont pointilleuses. Ce n’est pas tellement son cas personnel qui pose problème (Manute est déjà connu aux USA), mais celui de sa demi-sœur de 10 ans, Acheed, qu’il a ramenée du Soudan. Bol n’a pas de papiers prouvant qu’il est son tuteur légal. A cause de cela, il ne peut obtenir de visas pour lui, sa femme Ajok et son fils de 2 ans. Après des démarches longues et difficiles auprès de l’ambassade américaine, il parvient cependant à rejoindre Washington en compagnie de toute sa famille. Il va continuer d’y aider son peuple... d’une manière surprenante. »

To be continued.
Ou pas.
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Lundi 8 janvier 2007
Par Fabien - Publié dans : allthatwewant
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Mercredi 3 janvier 2007

Dans la distinction, le sociologue P. Bourdieu établit que le jugement de goût est un acte différenciateur et "social" dans la mesure où chacun, suivant sa position dans l'espace social essaie de se distinguer par ses pratiques culturelles (par exemple, photographie esthétisante contre photographie familiale) et son jugement porté sur elles, de celui qui est, selon cette même échelle de position, directement inférieur. En réalité tous essaient de se distinguer du goût "populaire" et, pour les classes supérieures, du goût de classe moyenne.

Je pense que l'on peut transposer ce raisonnement pour des pratiques plus diffuses car moins marquées en terme de classe et moins hiérarchisées. Je veux parler de la coupe de cheveux et en particulier de la frange, qui était il y a peu l'appanage des gens branchés (groupe pour le moins diffus).

Je me rapelle déjà il y a quelques années le port de la frange était reservé à un petit groupe de personnes (hipster). Je pense que le raisonnement en terme de distinction est pertinent puisque le port de la frange était une pratique (mimétisme microcosmique et revival 80's mis à part) de distinction : il s'agissait de se démarquer des non-branchés qui considéraient ça comme démodé et même plus, "ringard". Mais une distinction paradoxale justement puisque fondée sur la valorisation minoritaire du démodé qui, par ce geste même, redevient à la mode.

Puis je suis parti de France. A mon retour, et à ma grande surprise, la frange est sur-portée, du moins à Paris, du moins chez les filles un peu bcbg. A tel point qu'un uniforme (le "kit frange") s'est mis en place (skinny noir, chaussures noires/converses/bottes, manteau de vielle gris/noir et blanc). Alors là je me dis, si on suit le raisonnement de Bourdieu une nouvelle pratique de chevelure devrait émérger chez les branchés. Deux options.

(1) Soit au sein même de la frange des différenciations apparaissent, c'est à dire suivant le type de frange. Déjà il faudrait distinguer mêche et frange, puis frange asymétrique et frange radicale etc. Mais il me semble que cette différenciation a déjà eu lieu et a atteint ou atteindra bientôt la saturation.

(2) Soit une autre coupe de cheveux apparaitra. Raie au milieu ou bien, comme le suggère le célèbre sociologue français ou allemand ou russe (on ne sait pas trop) Guillaume Berg, la brosse ?

Par Fabien - Publié dans : allthatwewant
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