Pour en finir avec le "street art"

Accroche anecdotique: Dans la queue pour aller à une soirée de musique électronique nerd, deux personnes derrière moi parlent de graffiti, et ce dans les termes classiques de la dialectique "art" ou "vandal". L'une défend la première position, en citant par exemple obey et l'autre la deuxième en disant que obey c'est de la grosse merde de pédé. Or il se trouve que la première personne est un mec pas beau en streetwear avec des semi-locks et que la deuxième personne est une fille super mignonne et bien habillée. Par où l'on voit que le street art est de la grosse merde de pédé. CQFD.
Non bon je déconne lol tut tut smiley qui fait la fête. Expliquons nous. Pour cela je vais prendre la définition du "street art" donné dans LC Wikipedia:
D'une manière générale on voit déjà que cette définition est naze, qu'elle a été écrite par un gros naze et donc que tous les défenseurs du street art sont des gros nazes. CQFD.
non bon je déconne lol tut tut smiley qui jouit. Prenons la définition.
On nous dit que le street art est synonyme de "post-graffiti". Etant particulièrement suspicieux envers tout les mouvements "post quelque chose" je me méfie déjà. Cela dit je comprend tout à fait ce terme qui recouvre trois aspects principaux:
Premièrement, le fait que tous ces artistes on commencé par faire du graffiti "traditionnel" à leurs débuts. Aspect biographique. Deuxièmement, le fait que ce mouvement est né d'une scission interne au mouvement graffiti. Aspect historique/artistique. Troisièmement, et en conséquence, le fait que le post graffiti procède par extension ou déplacement (1) du domaine d'intervention de l'artiste (plus seulement des lieux spécifiques comme les murs, les trains etc. ; mais aussi des galeries) (2) des moyens artistiques (plus seulement la bombe, mais aussi les stickers, pochoirs, peinture etc.) et enfin (3) de style (plus seulement des signatures, des gros blocks ou même des trucs compliqués en 3D ; mais utilisation de nouvelles couleurs, inspiration forte de motifs exterieurs au graffitti etc). Aspect technique/artistique.
Ce post graffiti se déploie donc "dans l'espace urbain" et constitue des "interventions urbaines". Dois-je mentionner pourquoi ces termes et cette thématique de la "réappropriation de l'espace urbain" sont gay et digne des politiques de la ville des années 1980-90 pour "réinserez les jeunes dans le tissu social"?
Ce post graffiti a une finalité simple, nous dit-on: rendre leur art visible au public et "pouvoir s'exprimer". Premièrement, Je doute fortement que les pratiquants du graffiti, du moins à leurs débuts, perçoivent leur activité comme étant de l'art. Bien au contraire, la graffiti a constitué un puissant mouvement dirigé contre l'art, notamment en déplaçant la pratique picturale dans la rue, en étant illégal, en ayant mais alors aucune prétention politique ou artistique. Et de fait, le graffiti a été et considéré - et l'est toujours dans une certaine mesure- comme "moche". C'est une petite machine de guerre qui a été capturé par l'art contemporain, "street art" étant le nom officiel de cette capture qui réalise la synthèse inconsistante entre "street" et "art".
Deuxièmement, les injonctions psychologisantes de l'"expression de soi" sont insupportables. Il faudrait tout un post pour expliquer.
Je ne nie pas que ces trucs aient eu un rôle bénéfique, puisqu'ils s'attachaient à s'affranchir des rêgles souvent ultra-rigides du graffiti traditionnel, mais voilà, aujourd'hui cela représente une grande fumisterie, de telle sorte que je préfère largement du bon gros vandal.
Ajoutons à cela que les pratiquants/amateurs du street art sont d'une manière générale ridicules. Qu'ils aillent se faire foutre avec leurs baskets designées dignes des pires caricatures de l'electro-hip hop en 2003. Ces mecs sont des dossiers ambulants.
En gros n'allez pas à Lazy Dog.
ps: le pire truc que j'ai vu dernièrement c'est vraiment ça.